Le processus

Le Studio Laroche a vu le jour grâce à un désir d’embellir les rituels quotidiens avec des oeuvres d’art fonctionnelles inspirées par la beauté, la simplicité et la tranquillité de nos gestes quotidiens.

En ce faisant, sa mission est de promouvoir un mode de vie sain et heureux grâce à des objets à la fois beaux, doux et utilitaires.

Chaque pièce conçue au Studio Laroche est créée selon un rituel précis. Ce processus appelle tous les sens et exige une attention au détail. Le bloc d’argile ainsi transformé incarne un récit et traduit la sensualité du processus dans chaque morceau, perpétuant ainsi la tradition millénaire des travaux d’argile.

La préparation

L’argile est sélectionnée pour sa force, sa malléabilité et les tons de couleurs qui lui sont propres. Elle est ensuite pesée avec précision, car chaque pièce exige une quantité exacte d’argile.

Cette quantité d’argile est ensuite préparé en la pétrissant afin de lui donner une consistance souple et uniforme avant de la porter au tour de la potière.

clay preparation

Le tournage

Au tour, l’argile est placée sur un rondeau de plâtre fixé à la roue et y est travaillée avec une combinaison d’eau et de pression bien exécutée. Le rondeau en plâtre sert à ancrer l’argile à la roue et à faciliter son déplacement lorsque la pièce est terminée, évitant ainsi de l'abîmer par des mains trop empressées.

Un état d’esprit calme et paisible laisse place à un art serein; la créativité y fleurit pour produire des biens en céramique de haute qualité. Après avoir réuni quelques outils de base (un seau d’eau, une éponge, un rein en bois ou en caoutchouc et quelques tournassins), le processus débute.

Pendant que la roue tourne, l’argile humectée est centrée et compressée pour être ensuite relevée en forme de cône. Ceci permet de centrer la masse et d’aligner les molécules longilignes, renforçant ainsi la structure de l’argile.

À l’aide du pouce d’une main et la paume de l’autre, l’argile est ensuite pressée vers le bas pour y faire une forme ronde et plate. Le bout du doigt repère le centre de cette masse d’argile toujours en rotation et pèse vers le bas, n’y laissant que quelques centimètres d’épaisseur sur la plaque de plâtre. Une pression est ensuite exercée vers l’extérieur, ouvrant ainsi la pièce.

Ensuite, l’argile qui a été repoussée vers le bord est ramenée vers le centre par une pression délicate des bouts de doigts. En partant de la base, chaque traction exercée vers l’extérieur étire l’argile vers le haut, lui donnant de plus en plus d’élévation. Sur ce cylindre naissant, une légère force vers l’intérieur permet de résister contre la force centrifuge de la roue en rotation.

Lorsque la hauteur désirée est atteinte, l’artiste peut procéder à ouvrir la structure. Avec une main à l’intérieur qui applique une pression vers l’extérieur et l’autre main à l’extérieur de la pièce qui la guide, elle donne maintenant forme et caractère à son sujet.

Un rein est utilisé pour éliminer les rainures laissées par les bouts de doigts et pour laisser un fini lisse sur la surface. Une éponge est passée avec douceur sur le rebord pour adoucir la lèvre et une légère entaille est faite sur la base pour créer un pied provisoire, faisant ainsi apparaître l’ébauche de la silhouette finale.

La pièce, encore ancrée solidement au rondeau de plâtre, est retirée du tour de potier. Elle est recouverte d’une bâche en coton, ce qui lui permettra de se solidifier lentement avec l’évaporation de son contenu d’humidité sur une période d’heures ou de jours, selon sa taille.

throwing at the potter's wheel

Le tournassage

L’argile ainsi raffermie s’apparente au cuir: flexible mais solide. C’est à cette étape qu’elle peut être taillée, sculptée, percée, coupée et assemblée pour lui donner la forme désirée. On y ajoute aussi de la texture à la surface ou encore des poignées, des anses ou un bec verseur.

La pièce partiellement terminée est rapportée au tour du potier où, à l’aide d’outils de tournassage, un pied sera formé.

Tailler un pied retire l’excès d’argile et rend la pièce plus légère. Seul un mince rebord est laissé là où le morceau sera en contact avec sa surface de repos.

De plus, cette étape crée l’illusion optique de légèreté en éloignant le poids visuel de la pièce de son pied.

Comme touche finale, un chanfrein est taillé sur la base, ce qui donnera une ligne nette à l’émail.

La pièce est de nouveau mise de côté et recouverte de coton et de plastique. Ceci permet à l’humidité de s’échapper aussi doucement et uniformément que possible. Lorsque les molécules d’eau s’évaporent, l’argile rétrécit et sa couleur s’estompe. Cette période est critique car, si le séchage ne se fait pas de façon uniforme, le rétrécissement sera inégal, la pièce sera plus fragile et sera plus apte à craquer.

L’argile doit être complètement sèche avant d’être mise au four. Si elle est encore fraîche au toucher, c’est qu’elle contient encore de l’humidité. Ce ne sera que lorsqu’elle aura atteint la température ambiante qu’elle sera prête pour la cuisson.

Le biscuit

Le ventre du four est rempli de pièces complètement séchées. Il est réglé au ^04, pour que la température atteigne graduellement 1945’F sur une période d’environ treize heures. Il refroidit alors tranquillement jusqu’au jour suivant où les pièces biscuitées peuvent être retirées. Cette cuisson à faible température produit une vitrification partielle de l’argile, soit une étape intermédiaire entre l’argile et la céramique. La matière à cette étape n’est plus soluble dans l’eau car les molécules ont commencé à se souder, mais elle est encore très poreuse et prête pour recevoir l’émail à base d’eau.

L'émaillage

La pièce biscuitée est nettoyée avec une éponge pour enlever la poussière et une mince couche de cire liquide est appliquée sur le pied, formant ainsi une barrière entre l’argile et l’émail.

Un émail est composé de trois ingrédients de base

la silice, l’alumine et le flux.

Avec ces blocs de construction, c’est un simple jeu de proportions afin d’obtenir la consistance et la texture parfaite. On ajoute ensuite des opacifiants, des matières de suspensions et des colorants pour obtenir toutes les teintes imaginables.

Ce mélange à base d’eau est passé dans un tamis afin de bien mélanger les ingrédients en suspension. Les pièces biscuitées y sont trempées et retirées rapidement; l’émail adhère à l’argile mais perle sur la cire. L’eau dans l’émail est instantanément absorbée par l’argile biscuitée, laissant derrière une surface poudreuse et matte. Le pied de la pièce est nettoyé pour ôter tout excès d’émail qui pourrait se fusionner à la tablette du four durant la cuisson finale.

La cuisson finale

Le four est à nouveau rempli de pièces émaillées, réglé au ^6 pour atteindre 2232’F sur une période d’environ neuf heures. Durant cette période de chaleur intense, la transformation finale prend place. L’argile devient d’un rouge cerise, se rétrécit toujours plus, les molécules se vitrifient complètement et l’émail poudreux se métamorphose en verre fondu. Lors du refroidissement graduel du four, l’émail durcit et scelle l’argile d’une couche imperméable.

Ce qui surgit du four après cette dernière cuisson est vraiment remarquable. Ce qui n’était originalement qu’un amas d’argile humide est maintenant une sculpture de pierre. L’œuvre d’art représente le voyage de l’argile au travers de ce processus de transformation, chaque étape ayant laissé sa marque sur la pièce. Les petites variations sont ce qui rendent chaque pièce unique.

Chaque objet en céramique a une histoire à raconter: une histoire de passion, d’amour et d’engagement à préserver cet art ancien.





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